Jour : 23 décembre 2018

L’OPT n’a pas pu voter son budget 2019, LNC 22.12.2018

L’OPT n’a pas pu voter hier son budget 2019, faute de quorum. La raison ? Des administrateurs – sept sur onze – de toutes sensibilités politiques, loyalistes et indépendantistes, ont quitté la réunion. Ces élus demandaient l’inscription à l’ordre du jour de l’examen de la dette des radios RRB et Djiido estimée en cumulé à 170 millions de francs environ pour des frais de diffusion. Leur intention est de discuter d’une possible remise gracieuse. Pour ces administrateurs, la demande d’inscription a respecté les délais réglementaires.

« Les loyalistes doivent faire l’unité en vue des élections provinciales », LNC 21.12.2018

Gil Brial a remplacé Gaël Yanno à la présidence du MPC. L’actuel président du Congrès fait l’objet d’une procédure d’exclusion de la part du mouvement qu’il a créé.
Président du MPC et deuxième vice-président de la province Sud, Gil Brial estime, à l’issue du référendum du 4 novembre et du Comité des signataires du 15 décembre, que des listes unitaires loyalistes seront plus utiles que jamais lors des élections provinciales du 12 mai 2019.

Les Nouvelles calédoniennes : Quelle impression vous laisse le dernier Comité des signataires ?

Nous savions bien qu’il n’allait pas déboucher sur grand chose. Les indépendantistes se sentent renforcés dans l’idée qu’ils ont une chance d’accrocher la victoire aux deuxième et troisième référendums. Dans cette période, ils ne veulent rien lâcher. De notre côté, nous considérons que l’accord de Nouméa touche à sa fin et qu’il faut préparer autre chose, d’autant que le différentiel de 18 000 voix apparu lors du premier référendum ne changera pas jusqu’à modifier le résultat. Ils sont allés au bout de leurs capacités de mobilisation, pas nous. Dans ces conditions, il paraissait difficile d’amorcer un dialogue sur une solution de sortie de l’accord.

Et comme d’autres, vous pensez que ce dialogue pourra reprendre après les élections provinciales du 12 mai ?

Oui, mais pour cela, il faut que le camp des « vrais loyalistes » soit le mieux placé à l’issue du scrutin. Si Calédonie ensemble est en tête, ce parti prolongera ses alliances avec l’UNI et d’autres indépendantistes pour gouverner. Si nous sommes en tête, Calédonie ensemble devra nous suivre et nous pourrons entamer un dialogue face à face avec les indépendantistes. Il est d’autant plus important que les partisans de la France emportent ces élections que l’on voit, depuis le 4 novembre, un ralentissement significatif des investissements, aussi bien dans les entreprises que chez les particuliers.

Mais vous n’écartez pas une éventuelle victoire indépendantiste au Congrès.

L’organisation électorale des provinciales est ainsi faite qu’aujourd’hui il faut 30 % de voix de plus pour faire un élu en province Sud que dans les deux autres. L’éventualité que les indépendantistes ressortent minoritaires en voix, mais majoritaires en sièges est bien réelle. Si c’est le cas, le gouvernement sera présidé par un indépendantiste.

Les compétences de l’article 27 seront transférées et l’on peut s’attendre à ce que la politique entreprise ait aussi comme objectif, par des mesures fiscales notamment, d’inciter une partie de l’électorat loyaliste à plier bagage. Ce qui modifierait à l’avantage du FLNKS le rapport de force électoral en vue du deuxième référendum.

Nous avons constitué un Front loyaliste composé du Rassemblement, du MPC et des Républicains calédoniens. Ce front doit absolument constituer une liste unique en province Sud pour le scrutin du 12 mai. Et si possible, faire liste commune avec Calédonie ensemble en province Nord et aux Loyauté.

Quel avantage en retireriezvous ?

Le scrutin à la proportionnelle, tel qu’il est pratiqué, donne une prime supplémentaire aux listes qui font des gros scores. L’unité est donc essentielle. Nous avons des opinions trop différentes de Calédonie ensemble pour faire liste commune avec eux dans le Sud, où les nonindépendantistes sont très majoritaires et ont vocation à gouverner la province. Mais nous aurions intérêt à le faire au Nord et aux Iles. C’est notre seule chance de progresser en nombre d’élus dans ces deux collectivités.

Il faudra, par ailleurs, faire attention d’une part à l’inscription en province Sud d’électeurs des îles Loyauté, d’autre part à l’éventuelle multiplication de petites listes soidisant apolitiques qui n’ont aucune chance d’obtenir un siège mais peuvent affaiblir surtout le score des listes loyalistes en position éligible.

Qui serait, selon vous, le mieux placé pour tirer cette liste ?

Thierry Santa préside le parti historique des non-indépendantistes, il a été président du Congrès. Mais Sonia Backès a déjà été tête de liste aux provinciales en 2014. En 2017, elle est allée au second tour de la législative dans la première circonscription, alors que le candidat du Rassemblement a été éliminé dès le premier. Tout cela lui confère une expérience et une notoriété qui en font la mieux placée.

« Sonia Backès a déjà été tête de liste et elle était au second tour des législatives. »

Do Kamo : les discussions sont loin d’être finies, LNC 21.12.2018

Si le plan est dans l’ensemble jugé satisfaisant, certaines dispositions risquent d’être ardemment débattues dans les prochaines semaines.
Si, mercredi, les élus de Calédonie ensemble et indépendantistes de l’UNI et de l’UCFLNKS ont permis de faire voter le projet de délibération axé sur le plan de santé, la route pour Do Kamo est encore longue. Et semée d’embûches.

A présent, chacune des 86 actions va être discutée au Congrès. Et le groupe des Républicains calédoniens, qui a voté contre le projet, risque d’animer le débat.

L’augmentation de la Contribution calédonienne de solidarité (CSS) est tout bonnement inenvisageable pour le groupe loyaliste. De plus « l’unicité de la gestion de la trésorerie de la Cafat est un écran de fumée auquel les partenaires sociaux sont – à juste titre- opposés », a expliqué Philippe Blaise. L’élu ne s’en cache pas, le sujet sera un des enjeux de l’élection provinciale.

De son côté, le gouvernement se satisfait d’avoir vu passer « un projet de délibération du Congrès qui va permettre de réformer en profondeur le modèle économique et la gouvernance du système de protection sociale et santé calédonien, pour les dix prochaines années. »

Rappelant les objectifs : adapter le modèle social calédonien à la nouvelle conjoncture économique contrainte, à la croissance démographique, au vieillissement de la population, à la flambée des maladies non transmissibles, aux progrès de la médecine et à l’accroissement de son offre de soins. « Ce plan traduit l’urgence de réformer, restructurer, piloter, maîtriser et évaluer notre système de santé, et de protection sociale dans sa globalité mais aussi de développer une véritable offre de prévention, accessible à tous les Calédoniens, tout au long de leur parcours de vie. »

La province Nord adopte son budget 2019 dans un contexte délicat, LNC 21.12.2018

1,3 % par rapport au cadre financier de 2018.
Quasiment équivalent à l’enveloppe de 2018, le budget primitif de la province Nord pour l’exercice 2019, adopté hier, s’élève à 37,1 milliards de francs. Pénalisée par un repli des ressources financières depuis plusieurs années, l’institution s’attache à financer « entièrement » ses « propres compétences ».

Mêmes soucis, mêmes objectifs. Les élus de la province Nord ont adopté, hier à Koné, à l’unanimité, le budget primitif pour l’exercice 2019. Cette enveloppe est arrêtée à la somme de 37,1 milliards de francs. Soit un niveau quasiment équivalent au budget 2018. La section de fonctionnement s’élève à 26,1 milliards de francs, en hausse de +0,3 %. Qui s’explique par une augmentation de la dotation de la Nouvelle-Calédonie de 0,9 % (+182 millions) par rapport au BP 2018, ainsi qu’une progression des recettes des services de 3 % (+56 millions). La section d’investissement pèse, elle, 11 milliards de francs, en recul de 5 %. La raison majeure ? La baisse des inscriptions au titre des recettes du Contrat de développement de 22 % (-370 millions). « En contrepartie », indique le rapport examiné en séance, « le plan pluriannuel d’investissement (PPI) diminue de 408 millions par rapport au BP 2018 ». Les principales opérations nouvelles sur 2019, hors habitat et partenariat avec les communes, s’avèrent être les études et les travaux en vue d’une installation de stockage des déchets à Pouembout (100 millions), la construc- tion de silos supplémentaires pour le stockage de la production de maïs (52 millions), la piste de VTT sur Paiamboue à Koné (65 millions), ou encore les études pour l’extension du centre médico-social de Canala (35 millions).

DISCUSSIONS AVEC LE GOUVERNEMENT

La province Nord a été « prudente » selon les termes du vice-président Yannick Slamet, élu qui a dirigé hier la séance, Paul Néaoutyine étant resté à Paris pour des entretiens après le Comité des signataires du 14 décembre. En cause, « bien que la NouvelleCalédonie annonce pour 2019 une dotation globale de fonctionnement à plus de 19 milliards de francs, le montant qui sera inscrit au budget de la province Nord sera à hauteur de 95 % du montant annoncé soit 18,194 milliards » indique le rapport.

L’institution de Koné est échaudée par une récente expérience. Une déception depuis 2017. Malgré des prévisions encourageantes semble-t-il, « dans la pratique, la province Nord et, par conséquent, les deux autres provinces ne perçoivent pas la totalité des 5 % » restants. Des discussions sont par ailleurs menées avec le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie sur un point qualifié aujourd’hui d’essentiel. Confrontée à l’émergence de difficultés budgétaires, la province Nord s’est interrogée, et s’interroge toujours sur la répartition de compétences et leur financement.

Ce budget primitif 2019 est la démonstration d’ « une gestion financière responsable et cohérente » se félicite l’UNI Nadia Heo qui observe toutefois une « capacité financière fortement sollicitée dans un contexte morose ». Le fonds de roulement, qui a servi d’amor- tisseur, est passé de 23 milliards en 2008 à 3 milliards environ actuellement.

De son côté, le groupe UC, par la voix de Henriette Hmaé, a soulevé « la nécessité de redonner un nouveau souffle aux SAEML (sociétés anonymes d’économie mixte locale, Ndlr) provinciales. Clarifier leur stratégie, associée à un suivi régulier ». Tandis que Gérard Poadja, au nom d’Une province pour tous, a assuré que « la poursuite du rééquilibrage demeure l’objectif, et nos populations comptent sur nous, quelles que soient nos sensibilités » .

« L’année 2019 sera l’année de tous les bilans », LNC 21.12.2018

L’heure était au bilan, hier, pour les élus de la province des Îles qui ont voté leur dernier budget, avant les prochaines élections. Si les finances repartent à la hausse, la situation reste contrainte.

Charles Washetine, vice-président, et Néko Hnepeune, président de la province des Iles ont animé la séance, hier à Wé.
C’est une assemblée provinciale tout en symboles qui s’est déroulée, hier, à Wé. Au programme, le budget primitif 2019 qui « aurait pu être le premier budget de l’aire post accord de Nouméa », si le oui l’avait emporté le 4 novembre. « Trente ans après les Accords de Matignon et vingt ans après ceux de Nouméa, 2019 sera l’année de tous les bilans » , a d’emblée annoncé Charles Washetine, le viceprésident de l’assemblée, qui s’est longuement penché sur le chemin parcouru depuis la provincialisation, comme pour dresser également le bilan de l’action des élus avant les élections. « Sur le plan du rééquilibrage, la province des Îles s’est dotée d’infrastructures de première nécessité : aérodromes, établissements scolaires, équipements sportifs… » Sans oublier « un effort particulier en matière d’habitat ». Conséquence : « le paysage de notre territoire a véritablement changé, assure le vice-président. Et la mutation continue à s’opérer car nous ne sommes pas arrivés au terme du programme 2018-2021, arrêté à 11,8 milliards destinés à financer d’autres infrastructures. » Autre motif de satisfaction : la réussite scolaire. « Nous pouvons nous féliciter des résultats des mesures prises en direction de notre jeunesse. Une proportion importante des jeunes des îles accède désormais à l’enseignement supérieur. »

SE SAISIR DU DÉVELOPPEMENT

Mais la séance d’hier portait avant tout sur le budget primitif, adopté à l’unanimité. Fait marquant cette année, il repart à la hausse et s’établit à plus de 18 milliards de francs, contre 16,4 milliards l’an passé. De quoi permettre davantage d’investissements (lire par ailleurs) puisque cette enveloppe passe de 3 à 4,2 milliards de francs. Mais pas de quoi redonner pour autant le sourire à Néko Hnepeune, le président de la province. « Nous sommes toujours dans un contexte financier contraint. La hausse du budget ne rattrape pas notre retard. Nous avions perdu 2,5 milliards de dotations entre 2012 et 2017, déplore l’élu. Il nous manque encore 800 millions. » Et à quelques mois des provinciales, l’heure est également au bilan pour Néko Hnepeune, qui n’a pas encore annoncé s’il serait candidat : « Je constate qu’il faut que les gens des îles comprennent que le développement économique, c’est avant tout leur affaire. Il faut qu’ils s’investissent pleinement dans des projets. La province peut certes les accompagner, mais un développement économique, cela se mérite et cela se fait dans le temps. Les retombées ne se ressentent pas directement. »