« Ce qui nous unit, c’est la volonté de maintenir une Calédonie française », LNC 01.04.2019

« Ce qui nous unit, c’est la volonté de maintenir une Calédonie française », LNC 01.04.2019

Thierry Santa, président du Rassemblement-Les Républicains.

Les Nouvelles calédoniennes : Vous êtes numéro 2 sur la liste l’Avenir en confiance en province Sud. Comment se passe la cohabitation avec les autres mouvements ?

Ça se passe très bien. Nous avons collectivement pris conscience de la gravité de la situation que traverse la Nouvelle-Calédonie, tant du point de vue institutionnel qu’économique ou sécuritaire. C’est ce qui a motivé notre rapprochement. Il fallait proposer une liste unitaire aux électeurs qui partagent notre sensibilité.

Au début nous avions tous nos petites réticences, mais ça s’est très vite estompé. Nous nous sommes rapidement rendu compte que nous étions plus proches les uns des autres que nous ne le pensions.

Qu’est-ce qui vous différencie, qu’est-ce qui vous rapproche ?

Aujourd’hui de moins en moins de choses nous différencient. Nous sommes convenus de mettre sur la table chaque point de divergence, d’en discuter, et de trouver ensemble les équilibres suffisants. Ce qui nous unit, c’est la volonté de maintenir une Calédonie française, de créer une situation économique prospère, d’assurer la paix sociale et la sécurité.

Mais vous n’avez pas la même vision de la sortie de l’accord.

C’est un des seuls points qui restent encore en discussion entre nous. Cette sortie marquera le moment où il faudra remettre sur la table quelques grands sujets avec nos partenaires adversaires indépendantistes. Je veux parler des institutions, de la clé de répartition, du corps électoral figé, de la composition du Congrès, du fonctionnement du gouvernement. Ce qui est encore en discussion entre nous, c’est la répartition des prérogatives entre les provinces et la Nouvelle-Calédonie. Mais ça dépendra des résultats de ces élections.

Le Rassemblement avait pratiqué un dialogue poussé avec les indépendantistes au début des années 2010. Il semble à présent privilégier le rapport de forces.

Notre démarche de fond a longtemps été de tendre la main aux indépendantistes pour chercher ensemble à éviter le référendum binaire.

Dès lors que les indépendantistes ont confirmé leur volonté d’aller au référendum binaire, que l’Etat a validé cette option, il n’y avait plus lieu de discuter. Face à la posture radicale des indépendantistes, nous avons durci nos positions. Le travail de rapprochement reprendra après les référendums. Chaque chose en son temps.

L’alliance à laquelle vous participez est parvenue à faire liste commune avec Calédonie ensemble aux Loyauté. Ça semble beaucoup plus compliqué dans le Nord. Vous espérez tout de même y parvenir ?

A Nouméa, nous avons volontairement fait le choix de ne pas nous immiscer dans les discussions entre les gens des Iles et les gens du Nord car ils sont les plus à même de trouver les bons équilibres. C’est ce qui a permis d’aboutir aux Loyauté. Mais dans le Nord, les propositions faites par Calédonie ensemble ne sont pas équilibrées. Il me semble que Philippe Gomès s’immisce dans la négociation entre les non-indépendantistes du Nord et je trouve ça dommage car ça risque de les faire capoter.

Vous avez présidé le Congrès pendant trois ans. Quel souvenir en gardez-vous ?

Je crois avoir réussi à ouvrir les portes du Congrès aux Calédoniens. C’est leur maison commune.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *