Jour : 23 avril 2019

Gomès prône le « chemin de la conciliation » plutôt que « le tunnel de l’affrontement », LNC 23.04.2019

Calédonie ensemble, qui a tenu son 15e congrès à Nouville, a mobilisé ses troupes avant le sprint final des provinciales. Philippe Gomès a proposé un « référendum d’avenir partagé » plutôt que « deux référendums d’avenirs opposés ».Philippe Gomès a été clair : il ne faut pas passer par les deuxième et troisième référendums.Dans la dernière ligne droite avant les élections provinciales, le 12 mai prochain, il fallait montrer l’image d’une famille réunie sûre de ses forces. Avec une scénographie pensée au millimètre près, Calédonie ensemble (CE) avait à coeur de mobiliser ses militants et ses sympathisants, samedi matin lors de son 15e congrès, au Kuendu Beach, après deux semaines rendues compliquées par les révélations des affaires judiciaires qui entourent le mouvement loyaliste et son chef de file, Philippe Gomès. À vingt-deux jours de l’élection, le parti se devait surtout de convaincre les indécis et de se démarquer de ses adversaires, au premier rang desquels l’Avenir en confiance. Devant 1 500 personnes – chiffre fourni par l’organisateur – Philippe Gomès, dernier à monter à la tribunesur I will survive de Gloria Gaynor, a promis « d’inventer une nouvelle page de l’histoire de notre pays » sans passer par une deuxième et une troisième consultation, synonymes de « tunnel de l’affrontement, de tensions sociales, ethniques, politiques et d’une crise économique certaine » . Parce qu’ « il est inutile de poser la même question aux mêmes personnes tous les deux ans » , le député prône « le chemin de la conciliation » incarné par « un référendum de projets construit entre indépendantistes et anti-indépendantistes » , « un référendum d’avenir partagé plutôt que deux référendums d’avenirs opposés » . L’assistance applaudit chaleureusement la proposition et Philippe Gomès embraye aussitôt. « Et les indépendantistes y sont prêts. Ils savent que ce n’est pas en deux ans qu’on inverse la tendance des 18 000 voix, poursuit le leader, dont l’allocution est retransmise sur plusieurs écrans géants en direct. La posture indépendantiste est une posture idéologique, traditionnelle en campagne. Ils savent qu’un chemin sur la voie du dialogue doit être entrepris car le rapport de force ne leur permettra pas d’accès à Kanaky, le vote de 2018 l’a démontré. »HUÉES DANS LE PUBLICVoilà pour l’avenir institutionnel si CE remporte les élections. Et la campagne ? Si les militants voulaient connaître la tête de liste dans le Sud, c’est raté. Elle devrait être dévoilée aujourd’hui. Les pronostics vont bon train mais il serait tout de même surprenant que Philippe Gomès ne se lance pas. Surtout après la sortie de Nicolas Metzdorf qui voit dans le député « le dernier leader » des loyalistes. « Yanno n’est plus là. Harold n’est plus là. Frogier n’est plus là. On a le dernier chez nous et il faut en être fier » , a surenchéri le natif de Poya qui ne voit que le député être à même de discuter avec « Goa, Wamytan, Néaoutyine, Mapou, Washetine ». « Les indépendantistes, ils n’envoient pas des seconds couteaux, ce ne sont pas des comiques » , a lancé l’actuel benjamin du Congrès, lançant une charge à peine voilée à l’Avenir en confiance, « des gens qui veulent instrumentaliser le dialogue, des comiques, des Mickey » . Huées assurées dans le public.Pour cette mandature « historique » , la dernière de l’accord de Nouméa, Calédonie ensemble a choisi de renouveler sa liste. Le champion Pierre Fairbank, l’avocate Magali Manuohalalo, l’ancien journaliste Joseph Caihe et l’ingénieure agronome Emmanuelle Khac ont été particulièrement applaudis. « Nous ne sommes pas comme les mouvements monoethniques composés que de Blancs ou que de Kanak. On représente le pays dans sa diversité » ,a conclu Philippe Gomès sur un air de Laurent Voulzy, Le soleil donne.Guénant-Jeanson en invité surpriseSur la plaquette d’invitation pour les militants et la presse, Calédonie ensemble avait promis « un soutien de taille ». Assis au premier rang à côté de Philippe Germain, Didier Guénant-Jeanson a annoncé son soutien à la liste CE. « Qu’est-ce que je fous là ? C’est mon premier congrès politique à 65 ans » , a-t-il introduit, sous les rires de l’assistance, avant de reprendre son sérieux. « Je ne suis pas un homme politique, et je ne le serai jamais. Je ne suis pas non plus sur les listes de Calédonie ensemble, hein Philippe ? Je m’en méfie, il est capable de faire ça dans mon dos (rires). Je suis là pour soutenir le parti, pour dire quel est le chemin à prendre. Que CE décide de mettre la photo de la poignée de main sur ses affiches, je vous en remercie. Certains disent “malgré tout ce que l’on a fait, les Kanak sont toujours indépendantistes donc ça sert à rien de continuer dans ce sens”, mais la poignée de main, ce n’était pas pour que les Kanak ne soient plus indépendantistes mais pour construire. Et aujourd’hui, on doit continuer à construire » , a affirmé l’ancien leader de l’Usoenc et de l’Intersyndicale Vie chère. Avant de mettre en garde, « notre société est trop inégalitaire. Mais j’ai devant moi le seul parti de Calédonie qui a une vraie politique sociale. Et je souhaite qu’elle aille plus loin, plus vite » .

Les médiatrices de l’Asea-NC veulent davantage de considération et de respect, « cafat / usagers » LNS 23.03.2019

Païta. Les agents de l’Asea-NC ont mené une journée de grève, vendredi, pour évoquer leurs difficultés. Elles se livrent, avant leur rendez-vous à la Direction du travail.Depuis quatre ans, ce sont des femmes de la commune, la plupart mères de famille, qui jouent les médiatrices dans les transports scolaires, à la cantine, à la garderie…
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Les médiatrices de l’Asea-NC veulent davantage de considération et de respect, « cafat / usagers » LNS 23.03.2019

Païta. Les agents de l’Asea-NC ont mené une journée de grève, vendredi, pour évoquer leurs difficultés. Elles se livrent, avant leur rendez-vous à la Direction du travail.Depuis quatre ans, ce sont des femmes de la commune, la plupart mères de famille, qui jouent les médiatrices dans les transports scolaires, à la cantine, à la garderie périscolaire et sur les parkings des établissements. Elles font également de la prévention sur l’espace public, au village. Employées par l’Association pour la sauvegarde de l’enfance, de l’adolescence et de l’adulte en Nouvelle-Calédonie (Asea-NC), missionnée par la ville, elles tirent la sonnette d’alarme.« C’est un travail dangereux que l’on fait. Il faut que l’on nous respecte un peu plus, que l’on ait de la considération pour nous », explique Jeanette Hlupa, référente parking au collège Sainte-Marie. Avant tout, elle et ses collègues demandent la mise en place d’une prime de risque, face aux violences dont elles sont victimes.Sur son parking, Jeanette se fait foncer dessus par des parents qui veulent stationner sur les arrêts de bus pour déposer ou récupérer leurs enfants. « A 17 heures, des fois, nous nous faisons insulter et caillasser », assure-t-elle. Agent dans les transports scolaires, primaire et maternelle, Audrey Perez-Gonzales raconte qu’une collègue s’est fait agresser, lundi dernier, à Bangou. Elle s’inquiète aussi de la sécurité des enfants « que l’on laisse à un arrêt de bus, quand les parents ne sont pas là ».Des changements depuis la rentréeDepuis la rentrée, les règles ont changé et les médiatrices n’ont « même plus le droit de faire traverser la route », déclare-t-elle. A l’écouter, les médiatrices n’auraient plus le droit de s’adresser ni aux chauffeurs de bus, ni aux personnels scolaires, ni aux parents. Concrètement, elles ne peuvent plus demander à un chauffeur de s’arrêter pour récupérer un enfant oublié ou pour qu’un élève en pleine crise d’asthme sorte reprendre son souffle. Elles n’ont plus le droit non plus d’aller chercher écoliers et collégiens à l’intérieur des établissements et doivent les attendre dehors. « Nous ne pouvons plus travailler comme ça (…) Il n’y a pas eu d’explications. c’est comme ça et point », déplore-t-elle.Au service de garderie Arlette Naaoutchoue prévient « qu’il n’y a pas de matériel pour les enfants et pas assez d’agents pour les 158 enfants inscrits ».Le plus violent, ce sont les agents de prévention sur l’espace public qui le vivent. Missionnée pour repérer les élèves qui sèchent les cours et disperser les ivresses publiques manifestes, Sofia Tuvine parle de « jeunes qui traînent avec des poignards ». Là encore, insultes, caillassages et bousculades sont courants. « Le plus dur, ce sont les soûlards. Dans ces cas-là, on nous dit juste de nous mettre à l’abri », poursuit Sofia. Précaires, ces femmes déclarent ne pas faire assez d’heures pour bénéficier du chômage, d’une retraite et encore moins d’une couverture sociale de la Cafat. Et doutent du décompte de leurs heures. Elles attendent beaucoup du rendez-vous prévu, cette semaine, à la Direction du travail et de l’emploi (DTE).RepèresRéaction de Willy Gatuhau, le maire :« C’est une situation qui lie les médiatrices à leur employeur, je ne m’y intéresse qu’à travers les marchés publics et les missions confiées à l’Asea-NC. Un audit a été réalisé et je suis en train de l’étudier.« Depuis quatre ans, nous sommes très satisfaits de ces agents. Elles ont une grande connaissance de la commune et aident à désamorcer bien des situations. Je ne veux pas interférer avec la médiation ».L’Asea-NC n’a pu être jointeA l’heure de boucler notre édition, nous n’avons pas réussi à joindre Marc Pelofy, directeur général de l’Asea-NC.

Conférence publique « Un code de la santé publique calédonien : pourquoi faire ? » « Cafat / santé » Site WEB UNC 18.04.2019

Dans le cadre des conférences du département Droit, économie et gestion, le professeur Antoine Leca donnera une conférence le lundi 29 avril à 18h30 dans l’amphi Guy Agniel du campus universitaire sur « Un code de la santé publique calédonien : pourquoi faire ? ».Le professeur Antoine LECA, directeur du Centre de droit de la santé d’Aix-Marseille, présentera le nouveau droit de la santé en Nouvelle-Calédonie, à l’occasion de la parution de son dernier livre « Droit et politiques de santé publiques en Nouvelle-Calédonie », Études hospitalières, Bordeaux, 2019. Il nous fera part de son analyse.Cet ouvrage reprend largement Le droit médical en Nouvelle-Calédonie (2005), codirigé naguère par Antoine Leca. Mais il actualise la matière et il élargit la focale à tout le droit de la santé et aux politiques publiques suivies en la matière.Si la compétence sanitaire de la Nouvelle-Calédonie a déjà soixante ans d’âge, force est de constater que celle-ci en a longtemps peu usé et qu’elle a « collé » autant que possible au droit métropolitain du milieu du XXe siècle, pour des raisons juridiques, mais aussi culturelles. Le développement du droit local n’a vraiment débuté qu’à la fin du XXe siècle, avec les nouveaux instruments (en particulier la loi du pays) offerts, après les événements des années 80 par la loi statutaire de 1999, pour remédier à la géographie, à la démographie et à l’économie particulière de cette collectivité.Certes les inégalités territoriales entre le Grand Nouméa suréquipé et la Brousse, les déserts médicaux et même sanitaires qu’on rencontre sur la côte-est et dans les îles, ont amené d’intéressants partages de compétences, qui ont élargi le périmètre des soins paramédicaux et ont fait reconnaître le droit des pharmaciens à pratiquer certaines vaccinations, qui peinent à s’imposer en France métropolitaine. L’évolution des comptes de la CAFAT a conduit à prendre des mesures originales et inédites par rapport au modèle français comme le conventionnement sélectif.Mais grande est la crainte des responsables de s’écarter des standards et des normes du droit métropolitain, comme si la place de la Nouvelle-Calédonie était en Europe. La Nouvelle-Calédonie a besoin de bâtir un édifice original qui lui ressemble : il faut qu’elle abandonne les « copier-coller », ainsi que la référence et la révérence à un droit métropolitain qui ne correspond pas vraiment aux réalités locales.À propos de l’auteurAntoine LecaAntoine LecaAntoine Leca est agrégé des facultés de droit, professeur à l’université Paul Cézanne d’Aix-Marseille et directeur du CDSA (EA n° 3242).

Page Facebook Ligue des Droits de l’Homme et du citoyen de Nouvelle-Calédonie, « Cafat / santé » 20.04.2019

#INFOCONF « Un code de la santé publique calédonien : pourquoi faire ? »Conférence d’Antoine Leca lundi 29 avril à l’UNC »Si la compétence sanitaire de la Nouvelle-Calédonie a déjà soixante ans d’âge, force est de constater que celle-ci en a longtemps peu usé et qu’elle a « collé » autant que possible au droit métropolitain du milieu du XXe siècle, pour des raisons juridiques, mais aussi culturelles. Le développement du droit local n’a vraiment débuté qu’à la fin du XXe siècle, avec les nouveaux instruments (en particulier la loi du pays) offerts, après les événements des années 80 par la loi statutaire de 1999, pour remédier à la géographie, à la démographie et à l’économie particulière de cette collectivité.Certes les inégalités territoriales entre le Grand Nouméa suréquipé et la Brousse, les déserts médicaux et même sanitaires qu’on rencontre sur la côte-est et dans les îles, ont amené d’intéressants partages de compétences, qui ont élargi le périmètre des soins paramédicaux et ont fait reconnaître le droit des pharmaciens à pratiquer certaines vaccinations, qui peinent à s’imposer en France métropolitaine. L’évolution des comptes de la CAFAT a conduit à prendre des mesures originales et inédites par rapport au modèle français comme le conventionnement sélectif.Mais grande est la crainte des responsables de s’écarter des standards et des normes du droit métropolitain, comme si la place de la Nouvelle-Calédonie était en Europe. La Nouvelle-Calédonie a besoin de bâtir un édifice original qui lui ressemble : il faut qu’elle abandonne les « copier-coller », ainsi que la référence et la révérence à un droit métropolitain qui ne correspond pas vraiment aux réalités locales. »https://unc.nc/conference-publique-un-code-de-la-sante-pub…/