« Nous sommes la première mutuelle à faire du rééquilibrage », « Cafat/santé » LNC 29.05.2019

« Nous sommes la première mutuelle à faire du rééquilibrage », « Cafat/santé » LNC 29.05.2019

En prenant la tête du conseil d’administration, Eric Kohler, administrateur de la mutuelle depuis quinze ans, devrait aussi prendre la vice-présidence de l’Union des mutuelles de Nouvelle-Calédonie. Photo E.C.
Fraîchement nommé à la présidence du conseil d’administration de la Mutuelle du nickel, Eric Kohler dresse les grandes évolutions de l’établissement qui souffle cette année ses cinquante bougies. Toute première mutuelle du pays, elle couvre plus de 20 000 personnes.
Les Nouvelles calédoniennes :
Dans quel contexte prenez-vous la tête du conseil d’administration et comment appréhendez-vous ce mandat ?
Je suis plutôt serein, d’autant que je pourrai toujours compter sur le soutien de l’ancien président, Jean Hnaissilin, et sur celui du bureau.

Nous avons un très bon équilibre financier, parce que la mutuelle s’est beaucoup développée ces dix dernières années, et à aussi beaucoup de projets dans les tuyaux.

La Mutuelle a 50 ans, quelles évolutions majeures a-t-elle connues ces dix dernières années ?
Nous avons amplifié l’offre mutualiste ces dix dernières années, et ouvert en 2012 la Maison de la mutualité, en province Nord, où la demande est forte, et dont nous sommes fiers. Parce qu’avec ce centre, nous sommes aussi la première mutuelle à faire du rééquilibrage.

Dans cette structure de 850 mètres carrés, nous proposons un guichet unique avec deux cabinets dentaires, un cabinet orthoptie [kiné de la vue, NDLR], un cabinet d’ophtalmologie et des opticiens mutualistes. Donc, mis à part la chirurgie, nous pouvons y traiter toutes les pathologies de l’œil. Et il y a aussi toute la partie dentaire. Au total, nous avons douze salariés qui tiennent l’établissement qui a eu un succès immédiat. Aujourd’hui, on a plus de 20 000 visiteurs par an. Tous les gens du Nord, y compris de la côte Est, viennent s’y soigner la vue, ou les dents.

En quoi la Mutuelle du nickel se démarque-t-elle des autres ?
C’est d’avoir eu, sur les postes les plus coûteux de la santé, l’intelligence de créer notre propre offre, avec la même qualité que les professionnels du privé, mais 20 à 30 % moins cher. C’est un cercle vertueux. Nos services de soins sont ouverts à tous les mutualistes, fonctionnaires et commerce compris, ce qui ne veut pas dire qu’on les assure, mais qu’ils ont accès à nos services de soins. Donc, on offre des soins de qualité aux meilleurs prix à nos adhérents, et à tous les autres, sur des postes qui coûtent cher : les yeux, les oreilles, la dentition. Toute la population peut venir dans nos centres, et ce sont d’ailleurs nos premiers clients : pour l’optique et l’audition, ils représentent 80 %.

Quelles sont les priorités de la mutuelle pour les prochaines années ?
Nous allons consolider la filière audition. Nous avons ouvert le premier centre mutualiste à Dumbéa. Et nous allons en ouvrir un autre au Trianon. Nous avons également un deuxième axe de développement sur la chirurgie dentaire. D’ici 2020, nous allons ouvrir à Doniambo deux fauteuils pour faire de l’implantologie [implant dentaire, NDLR], nous avons deux médecins en formation.

Toute la population peut venir dans nos centres.
Aujourd’hui, on compte déjà 58 salariés, douze opticiens diplômés, neuf médecins, six chirurgiens-dentistes, trois ophtalmologues, deux orthoprothésistes…

Avez-vous l’ambition de gagner davantage d’adhérents ?
Il y a un pacte d’union avec les autres mutuelles. Chacun a son marché, mais de toute façon, notre population adhérente peut difficilement évoluer, sauf si le secteur du nickel explose, ce qui semble peu probable par les temps qui courent. Mais en quelques années, nous avons déjà quasiment doublé les effectifs.

Où en est le dossier de la mutualité obligatoire ?

C’est un serpent de mer. Cela fait des années qu’avec les trois autres mutuelles du pays on porte ce projet pour faciliter l’accès de 30 000 personnes à la santé. Il y a aussi les bénéficiaires des aides médicales, qui représentent 50 000 personnes et qui pourraient en bénéficier. La mutualisation d’une personne, c’est 3 000 francs par mois. On a milité pour que tout le monde mette un tiers : les mutuelles via une caisse de péréquation, le pays et l’assuré. Ce dossier dort depuis des années, notamment pour des questions de financement des collectivités qui n’est pas bien défini.

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