« Le minerai de nickel susceptible de se liquéfier, un risque pour les mineurs » LNC 31.05.2019

« Le minerai de nickel susceptible de se liquéfier, un risque pour les mineurs » LNC 31.05.2019

« Il y a toujours eu un test qui se faisait de façon conjointe entre le capitaine du navire et le mineur : le « can-test » où du minerai est placé dans une cannette puis est secoué, et on observe son comportement », note Victor Alonso, de la Dimenc. .

Le minéralier New Beginning a rencontré ce mois-ci une difficulté au nord des îles Belep, après qu’une partie du chargement a commencé à se liquéfier. Ce phénomène, redouté par les mineurs, est pris très au sérieux en Calédonie. Les conséquences peuvent être dramatiques.

Les Nouvelles calédoniennes : Qu’en est-il aujourd’hui du minéralier New Beginning qui a fait demi-tour et rejoint la baie de Ngo, après le constat du capitaine le 10 mai qu’une partie du chargement se liquéfiait ?

Une expertise est en cours. La société Maï et son client japonais ont fait venir des experts qui sont en train d’analyser l’état de la cargaison pour essayer de comprendre ce qu’il s’est passé exactement. En parallèle, avec la direction des Affaires maritimes, nous faisons une enquête sur les faits jusqu’au moment du chargement, pour tenter de comprendre quelle est la série d’événements qui ont pu amener à cet incident.

Ce type d’incident est-il fréquent dans le monde ?

Ce n’est pas extrêmement fréquent. Mais c’est un risque. Les mineurs sont bien conscients qu’ils ne peuvent pas charger n’importe quoi. Ils font normalement attention. Ce phénomène n’a vraiment été appréhendé de façon fine que récemment, il y a quelques dizaines d’années. Au début, des bateaux coulaient, et on ne comprenait pas vraiment pourquoi. Depuis quinze à vingt ans, on a mis en place soit de nouveaux bateaux comme ceux de la SLN équipés de systèmes qui permettent d’éviter ce phénomène, soit des procédures pour faire en sorte que ce genre d’événement n’arrive pas.

La difficulté est qu’en fonction de la typologie du minerai – granulométrie, comportement chimique, etc – le phénomène ne va pas se produire au même taux d’humidité : 30 %, 40%… Il ne faut donc pas uniquement mesurer le taux d’humidité afin de savoir si le transport est faisable ou non, il faut aussi faire des tests spécifiques sur le minerai pour connaître sa capacité de tenue. Le test instauré en Nouvelle-Calédonie est réalisé à partir d’une table vibrante : TVP, pour table vibrante à pénétration. La réglementation en vigueur ici depuis maintenant deux ans a complètement acté cette procédure. Les mineurs doivent, pour chaque cargaison, faire ce test TVP et mesurer l’humidité du minerai.

Seulement deux ans ?

La procédure a été développée depuis une dizaine d’années, mais elle n’était pas officialisée à la fois par le ministère métropolitain compétent et par l’Organisation maritime internationale.

Il y a deux ans, sont intervenues toutes les validations qui ont permis d’officialiser cette méthode et permis aux mineurs calédoniens de rentrer dans une procédure officielle, alors qu’auparavant, cela se faisait d’une façon un peu plus officieuse. Le capitaine du navire est « maître » de la décision de charger ou pas.

« Le phénomène ne va pas se produire au même taux d’humidité. »

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