Surpoids et sédentarité font le lit du diabète LNC 05.06.2019

Surpoids et sédentarité font le lit du diabète LNC 05.06.2019

Le 16e Salon du diabète se déroulera samedi à la mairie de Dumbéa. L’occasion de rappeler que de nombreux facteurs conduisant à cette maladie sont évitables.
Les Nouvelles Caledoniennes5 Jun 2019
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Le tour de taille est une donnée aussi importante que l’indice de masse corporelle pour évaluer les risques de diabète de type 2.
■ Un enjeu majeur de santé publique

Avec plus de 14 000 patients suivis, le diabète est un problème majeur de santé publique en Calédonie. Chaque année, environ 800 nouvelles personnes sont prises en charge. Sur le Caillou, cette maladie métabolique est la première cause de ce?cite?,d’amputation du pied et de dialyse. Une affection sournoise qui évolue silencieusement et qui toucherait en réalité 20 000 personnes, d’où l’importance du dépistage.

■ Une maladie évitable

Près de 95 % des cas de diabète en Calédonie sont de type 2, donc pour la plupart d’entre eux, évitables. Les facteurs favorisant l’apparition du diabète de type 2 sont l’hérédité (maladie familiale) et l’obésité (sédentarité, malbouffe et stress). Le surpoids et l’obésité touchent toutes les ethnies en Calédonie (30 et 38 % des adultes). L’obésité modérée multiplie par plus de 10 le risque de présenter un diabète de type 2.

■ Prédisposition génétique

La situation en Calédonie est aggravée par une prédisposition génétique des populations océaniennes appelée patrimoine génétique d’épargne. Une disposition qui permet de stocker les apports alimentaires sous forme de graisse abdominale périviscérale, lors des périodes d’abondance. Des réserves énergétiques dans lesquelles l’organisme piochait lors des périodes de disette. Un mécanisme jadis salvateur puisque les modes de vie n’entraînaient pas de surcharge pondérale car la dépense calorique était régulière et importante et les apports alimentaires modérés en termes de calories. C’est donc avant tout l’accélération de l’occidentalisation du mode de vie, associant alimentation à forte charge énergétique (hypercalorique) et sédentarité qui sont responsables de l’explosion diabétique en Nouvelle-Calédonie.

■ Le mécanisme

Alors que l’on pointe toujours du doigt le sucre, le gras est aussi un déclencheur. En effet, une augmentation de la graisse au niveau du ventre est responsable d’une diminution de la sensibilité des tissus à l’action de l’insuline, l’hormone qui régule le sucre dans le sang. On parle alors d’insulinorésistance. L’insuline agissant moins bien, dans un premier temps le pancréas va augmenter la quantité d’insuline qu’il sécrète pour maintenir une glycémie normale (entre 0,80 et 1,10 g/l à jeun) : c’est le stade d’hyperinsulinisme. Dans un deuxième temps, le pancréas va se scléroser et ne parvient plus à fournir la quantité d’insuline nécessaire au maintien de la glycémie, celle-ci s’élève, le prédiabète (entre 1,10 et 1,26 g/l à jeun), puis le diabète (au-delà de 1,26 g/l à jeun) apparaissent.

■ Le sport, allié du pancréas

La sédentarité accélère l’évolution car l’activité physique améliore l’efficacité de l’insuline. En son absence, le travail de synthèse et de sécrétion d’insuline demandé au pancréas est plus grand, son vieillissement plus rapide et la carence en insuline plus précoce, responsable de l’apparition du diabète. De plus, il a été montré que certaines graisses sanguines avaient un rôle destructeur sur le pancréas.

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