Ecmo, la machine qui prend le relais du cœur et des poumons, LNC 10.10.2019

Ecmo, la machine qui prend le relais du cœur et des poumons, LNC 10.10.2019

SANTÉ. Suppléer le cœur, les poumons, voire les deux, en cas de défaillance grave : c’est ce que permet l’Ecmo, l’oxygénation extracorporelle, une technique à laquelle est formé cette semaine le service de réanimation du CHT.
Sauver la vie de patients atteints de défaillances cardiaques ou respiratoires sévères sans avoir recours à des Evasan : c’est tout l’intérêt de l’Ecmo, l’oxygénation extracorporelle par membrane, une machine d’assistance cardio-respiratoire. Le CHT dispose depuis le mois de juin de cet équipement utilisé depuis une quinzaine d’années afin de remplacer le cœur et les poumons, parfois les deux, dans certaines pathologies aiguës.

L’ensemble des médecins réanimateurs, ainsi qu’une quinzaine d’infirmiers référents du CHT, bénéficient durant toute cette semaine d’une formation.

A la fois théorique et pratique, elle est conduite par le professeur Alain Combes, chef du service de réanimation médicale de l’hôpital universitaire Pitié-Salpêtrière à Paris, par son adjoint, le professeur Charles-Edouard Luyt, et par Hugo Guillou, infirmier qui a conçu la partie pratique.

Des experts dans ce domaine puisque, l’an dernier, quelque 600 patients ont bénéficié de cette technique au sein de leur établissement, ce qui en fait le centre le plus important en termes de volume au niveau mondial.

Le professeur Luyt détaille le fonctionnement de l’Ecmo : « Pour suppléer le cœur et les poumons, une canule est passée par une veine fémorale qui prend le sang dans l’oreillette droite. Une pompe aspire le sang avant de le réinjecter dans un oxygénateur à membrane. Il s’agit d’un filtre imperméable à l’eau, mais perméable au gaz. Le sang est filtré au travers de cette membrane : on lui apporte de l’oxygène tout en retirant le gaz carbonique. Puis, le sang est réinjecté dans l’artère du malade. On fait une sorte de court-circuit du cœur, ce qui permet d’avoir la fonction de suppléance de la fonction cardiaque. » Le professeur Combes ajoute : « Il n’existe pas de technique alternative, en particulier pour les atteintes respiratoires très sévères. Disposer de cette technique change la donne de façon très importante, cela va sauver des vies. »

Dengue et leptospirose
Agissant comme un cœur ou des poumons artificiels externes, elle concerne en effet les grandes pathologies cardiaques, comme l’infarctus du myocarde, ou les cas graves de pneumonies. Mais l’Ecmo trouve aussi une utilité dans le cas de pathologies plus locales, comme « les complications secondaires consécutives à la dengue et à leptospirose, » souligne le Dr Mathieu Série, médecin réanimateur au CHT.

Selon les projections réalisées par le CHT, une vingtaine de patients sur l’année pourraient avoir besoin d’une assistance cardiaque, respiratoire ou cardio-respiratoire. Jusqu’à présent, une quinzaine de patients par an étaient évasanés vers l’Australie pour bénéficier de l’Ecmo. Ils pourront désormais être pris en charge au CHT. Un gain sur le plan médical mais aussi financier, puisque « le coût de la machine et de son fonctionnement global sur un an correspond au coût de deux Evasan », précise le Dr Série.

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