Drame de Brumadinho : Vale mis en cause, LNC 08.11.2019

Drame de Brumadinho : Vale mis en cause, LNC 08.11.2019

Le 27 janvier, la rupture du barrage minier de Brumadinho faisait 270 morts et disparus. L’Agence nationale des mines estime que le groupe Vale aurait pu éviter la catastrophe.

En juillet, la compagnie a été condamnée à payer pour tous les dommages causés par le désastre de Brumadinho, bien que le montant n’ait toujours pas été fixé.
Le groupe minier brésilien Vale a omis d’informer les autorités minières d’anomalies sur le barrage de Brumadinho, dont la rupture, qui a fait plus de 270 morts et disparus en janvier, « aurait pu être évitée » , selon un rapport de l’Agence nationale des mines (ANM) publié mardi. « Si l’ANM avait été informée correctement, elle aurait pu exiger des mesures d’urgence de la part de l’entreprise, ce qui aurait pu éviter la catastrophe » , a affirmé l’agence dans un communiqué. L’ANM explique que les informations qu’elle a reçues de la part de Vale avant la rupture du barrage « ne concordaient pas avec les éléments présentés dans des documents internes du groupe minier ».

Le rapport de 194 pages évoque notamment des problèmes au niveau d’un système de drainage d’eau de la structure du barrage installé en juin 2018, six mois avant le drame, qui a eu lieu le 25 janvier.

L’agence explique avoir reçu le 30 janvier un rapport de Vale datant du 8 janvier selon lequel aucune anomalie n’avait été constatée. Mais un autre rapport reçu le 15 février et datant du 22 janvier, soit trois jours avant la rupture, faisait état de « toutes les irrégularités » qui auraient causé le drame.

DES INCULPATIONS

Par ailleurs, l’ANM dit ne pas avoir été informée de niveaux de pression d’eau anormalement élevés constatés par Vale le 10 janvier, deux semaines avant la tragédie.

Vale, premier groupe mondial de minerai de fer, a indiqué qu’il ne commenterait le rapport qu’une fois qu’il l’aurait « analysé intégralement » et a souligné que « toutes les informations sur l’état du barrage ont été fournies aux autorités chargées de l’enquête » . Le 20 septembre, la police brésilienne a recommandé l’inculpation d’employés de Vale et de la société d’audit allemande TÜV SÜD accusés d’avoir falsifié des documents pour attester de la solidité du barrage.

Vale a été condamné à verser près de 3 millions de dollars à trois premières familles. La rupture du barrage a libéré des millions de tonnes de résidus miniers qui ont englouti toute une région et provoqué un désastre écologique majeur. Le Brésil a, depuis, ordonné le démantèlement de tous les barrages du type de celui de Brumadinho, meilleur marché mais plus instables.

Le rapport de l’ANM a été publié quatre ans jour pour jour après une autre tragédie minière impliquant le groupe Vale, celle de Mariana, dans le Minas Gerais (sud-est), à 120 km de Brumadinho.

Le 5 novembre 2015, le barrage de Fundao, géré par Samarco, joint-venture de Vale et de l’Anglo-australien BHP, avait libéré brutalement dans la nature 40 millions de mètres cubes de déchets hautement toxiques, faisant 19 morts et causant des dégâts environnementaux sans précédent au Brésil.

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