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Auteur : Romain Grosjean

Deuxième journée de perturbation à Koniambo LNC 12.07.2019

Le mouvement de protestation commencé mercredi s’est poursuivi hier à Koniambo. Le GDPL de la tribu de Oundjo réclame davantage de contrats de prestations.

Hier, pour la deuxième journée consécutive, le GDPL Taa Maa Pwanefuk a perturbé l’activité de l’usine de Koniambo Nickel à Vavouto. Même motif que la veille. Ce groupement qui réunit une série de petites entreprises sous-traitantes de la tribu de Oundjo demande davantage de contrats de prestations (ménage, transport, entretien, etc). Mercredi, après avoir bloqué purement et simplement l’accès au site industriel, les protestataires

(une vingtaine de personnes) ont assoupli dans la nuit leur position en organisant un barrage non plus bloquant, mais filtrant. En gros, les personnels pouvaient passer, mais pas les équipes dirigeantes. Des pourparlers ont eu lieu, ils auraient été plutôt constructifs concernant les différents contrats souhaités par les uns et les autres.

DISCUSSION SUR LES SANCTIONS

Là où les choses se sont moins bien passées, c’est à propos des sanctions. L’entrave à la liberté du travail est un délit et, à ce titre, la direction de l’usine prononce des suspensions d’accès à l’encontre des personnes qui bloquent l’entrée. Des véhicules ont été placés, un cadenas a été posé. L’entrave est donc avérée. Les personnes impliquées dans cette action ont donc été « débadgées », selon l’expression en usage.

De telle sorte que la situation s’est à nouveau tendue. Hier, un groupe de manifestants était toujours positionné à l’entrée du site industriel, cette fois pour réclamer une levée des sanctions prononcées.

Mais la direction ne semblait pas encline à fléchir sur cette position, ne voulant pas créer un précédent d’impunité envers des actions de blocage. On peut donc s’attendre à ce que l’activité de l’usine et la libre circulation à ses abords soient à nouveau perturbées aujourd’hui.

Un GDPL bloque l’entrée du site de Koniambo Nickel LNC 11.07.2019

Réveil difficile à Vavouto. Dès 3 h 30 hier matin, le GDPL Taa Maa Pwanefuk, de la tribu voisine d’Oundjo, bloquait l’entrée du site de Koniambo Nickel. Une quinzaine de manifestants étaient au départ mobilisés. « Les revendications tiennent essentiellement à des attributions de contrats, soulignait l’industriel, dans le courant de la matinée. Nous avons pris les mesures afin d’assurer la sécurité des personnes et des biens sur site et nos activités critiques se poursuivent. Dans notre contexte actuel de montée en puissance, nous tenons à souligner l’importance d’une reprise normale des activités au plus vite afin de ne pas pénaliser nos efforts pour faire de Koniambo Nickel une entreprise durable. » Un constat d’huissier a été réalisé.

CADENAS POSÉ

La tension a été en partie relâchée à l’entrée du site en fin de matinée. Un préalable fixé par la direction de KNS avant d’ouvrir des négociations. Ces discussions se sont tenues entre 13 heures et 18 heures, à la tribu d’Oundjo. De l’avis de participants, les échanges furent cordiaux. Sauf à l’issue, où un point d’achoppement a surgi à l’évocation de sanctions – comme la règle en vigueur le stipule – à l’égard de soustraitants de KNS ayant participé quelques heures plus tôt au blocage.

En cours de journée, des employés ont pu sortir, des équipes de nuit ont accédé à leur poste. Mais en tout début de soirée, des manifestants posaient un cadenas sur le portail d’entrée de l’usine, le site était à nouveau bloqué.

Koniambo Nickel entretient des relations régulières avec ce GDPL, groupement de droit particulier local qui intervient à Vavouto pour l’entretien d’espaces verts, du nettoyage, ou encore des activités de sûreté.

– Les moustiques, « nos alliés » contre la dengue LNC 11.07.2019

Après les traditionnels discours, les différents partenaires de l’opération ont été invités à ouvrir de petites boîtes contenant chacune une dizaine de moustiques porteurs de la bactérie Wolbachia. Très symbolique, l’opération n’a pris que quelques minutes hier. Mais c’est bien le résultat d’un long travail de la communauté scientifique. Les premiers moustiques porteurs de la…
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Les moustiques, « nos alliés » contre la dengue LNC 11.07.2019

Après les traditionnels discours, les différents partenaires de l’opération ont été invités à ouvrir de petites boîtes contenant chacune une dizaine de moustiques porteurs de la bactérie Wolbachia.
Très symbolique, l’opération n’a pris que quelques minutes hier. Mais c’est bien le résultat d’un long travail de la communauté scientifique. Les premiers moustiques porteurs de la bactérie Wolbachia ont été relâchés hier place des Cocotiers. La suite des opérations, dans les quartiers, ne débutera que dans quelques semaines.

Les spectateurs présents dans les gradins les ont rapidement vus virevolter autour d’eux. Mais pour une fois, pas question de les prendre en chasse. Près de 500 précieux moustiques ont découvert leur nouvel environnement, le centre-ville, hier matin.

Après plusieurs mois de travail en laboratoire ou sur le terrain, les partenaires du World Mosquito Program (WPM) ont relâché les premiers individus porteurs de la fameuse bactérie naturelle, Wolbachia, qui les empêche de transmettre les virus. Objectif : bloquer les quatre formes de la dengue, mais aussi le Zika et le Chikungunya, pour éviter une nouvelle épidémie en 2020. « Elles entraînent chaque année de nombreuses hospitalisations, mais aussi des décès. Au 21 mai, on avait déjà comptabilisé depuis le 1er janvier 298 hospitalisations et deux décès dont celui d’une fillette de 8 ans, rappelle Valentine Eurisouké, en charge de la mise en place

et de la coordination du plan Do Kamo. Celle de 2013 a coûté 1,6 mil

liard au pays. » A titre de comparaison, le budget de la mise en place du programme s’élève à 230 millions sur deux ans.

Le calendrier de la suite des opérations n’a pas été détaillé précisément hier, mais les lâchers de moustiques dans les quartiers ne devraient pas commencer avant deux semaines.

La commune sera découpée en hectares et chaque boîte devrait contenir

une centaine de moustiques. « Les interrogations des administrés sont légitimes. Mais pour une fois, les moustiques sont nos alliés », martèle Tristan Derycke, adjoint en charge des risques sanitaires.

LE PREMIER TERRITOIRE FRANÇAIS À SE LANCER

Au cours des six prochains mois, les populations de moustiques seront suivies de près par les scientifiques grâce aux 230 pièges posés dans la ville, chez des particuliers volontaires.

Si au fil des semaines, la proportion de moustiques porteurs de Wolbachia n’était pas satisfaisante, davantage de moustiques pourraient être relâchés. « On sera très attentif aux premiers résultats » , assure Va

lentine Eurisouké. Certains représentants des associations environnementales étaient présents hier. Dont Hubert Géraux, responsable

du WWF local. « On a rapidement été convaincu de l’intérêt du projet. Au-delà de la problématique des épandages, cette expérience montre bien que plus on détruit notre capital naturel, plus on se prive de solutions comme celle-ci, souligne-t-il. Mieux vaut s’inspirer de la nature plutôt que d’utiliser des produits de synthèse qui créent des monstres. Cela prouve qu’il faut investir financièrement dans ce genre de démarche. » Même Sonia Lagarde, la maire, pourtant présentée comme une « fervente

supportrice de la méthode » , reconnaît que ce n’est pas un projet comme les autres. « Ce n’est pas évident, il a fallu qu’on m’explique bien au début. Mais on ne se lance pas dans l’inconnu. Le programme existe depuis dix ans. Et puis, c’est une fierté d’être le premier territoire français à se lancer. L’expérience locale va servir ailleurs, surtout quand on voit que la Métropole est de plus en plus touchée. » A terme, pour la ville il s’agira aussi de faire des économies, car les épandages coûtent cher à la collectivité. Mais en attendant les premiers résultats, « les épandages vont se pour

suivre, confirme Kevin Lucien, directeur des risques sanitaires à la mairie. Les Nouméens doivent absolument continuer à se protéger et détruire les gîtes larvaires. »

« Il faut investir financièrement dans ce genre de démarche. »

Encore des interrogations ?

Dans les mois à venir, le World Mosquito Program va continuer à élever en laboratoire des moustiques porteurs de Wolbachia pour les répandre dans la ville.
■ Une bactérie naturelle

Wolbachia est une bactérie naturelle, présente dans 60 % des espèces d’insectes. Elle est inoffensive pour l’homme, les animaux et l’environnement. Ce sont des moustiques locaux qui ont été utilisés pour cette opération après qu’on leur eut inoculé cette bactérie en laboratoire.

■ Expérimenté dans 12 pays

Avant d’arriver à Nouméa, ce programme a été testé et développé dans plusieurs pays depuis une dizaine d’années, dont l’Australie, le Brésil, l’Indonésie ou encore le Vanuatu. Les tests en laboratoire ont commencé il y a 20 ans et les premières expériences sur le terrain il y a une dizaine d’années.

Les discussions avec Nouméa ont commencé en janvier 2017 et la convention a été signée le 5 mars 2018.

■ Une enquête d’opinion

Pour pouvoir mener à bien cette opération, l’équipe du WMP avait besoin de l’aval de la population nouméenne. Pour ce faire, une étude a été menée par Quid Novi, qui s’est déroulée du 13 mai au 15 juin, auprès de 1 080 foyers résidant à Nouméa depuis au moins trois mois et n’envisageant pas de quitter la ville à court terme. 94 % des personnes interrogées se sont déclarées favorables au projet.

■ Pourquoi les lâcher maintenant ?

« C’est avant tout pour des raisons techniques et de calendrier, mais le fait qu’on lâche pendant la saison fraîche, c’est-à-dire au moment où il y a moins de moustiques, cela devrait potentiellement les aider à se répandre plus vite »

, précise Magali Dinh, en charge de la communication pour le WPM.

■ Et le reste du Caillou ?

A savoir si le dispositif sera étendu au Grand Nouméa et au reste du pays, rien n’a encore été confirmé. « Je crois savoir que les instances y travaillent déjà », a cependant glissé hier Tristan Derycke, adjoint en charge des risques sanitaires.

Alain Descombels enfonce des portes ouvertes Caledosphere 10.07.2019

Le nouveau patron de la fédération calédonienne du Rassemblement National (RN) a tenu récemment une conférence de presse au sein de son magasin. Il y a présenté le nouvel organigramme du mouvement au niveau local et a réclamé la tenue rapide d’une conférence économique. Ça n’a pas fait le buzz.
Ce dont on a surtout parlé, c’est le fait que la tête de liste du Rassemblement National (ex-Front National) Alain Descombels, ait choisi de tenir sa conférence de presse politico-économique au sein même de son entreprise, Fly, devant les produits qu’il propose à la clientèle. Il y avait là un petit côté gênant, fleurant bon son conflit d’intérêt voire même l’abus de bien sociaux, qui a peut-être interloqué localement mais aussi dans les instances parisiennes du mouvement. Quoi qu’il en soit, l’homme n’est pas à une tocade près et c’est à son discours que l’on s’est intéressé.

L’apocalypse ?
N’ayant pas obtenu de siège au congrès ni dans les assemblées, il a néanmoins démontré qu’il disposait de tous les ameublements disponibles pour son propre compte puisque c’est devant le rayon « sièges et chaises de salon » de son propre magasin qu’il a donné rendez-vous à la presse. Car au moins Alain Descombels est constant. Avant et après les élections provinciales, qui se sont achevées pour lui sur un score bien trop faible pour être élu (3,81% des suffrages), il tient les mêmes propos quant au fait que l’économie calédonienne est au plus mal. « La situation économique, écrit-il, est tellement catastrophique, que des entreprises de toutes tailles ferment ou licencient tous les jours ». Son discours, que les Calédoniens n’ont pas franchement écouté le 12 mai dernier, est par ailleurs contredit par les analyses et études des organismes spécialisés, ainsi l’IEOM qui souligne que les scénarios catastrophe comme celui prédit par le patron du RN Calédonien, ne se sont pas produits. « Aucun des scénarios catastrophe évoqués et redoutés, précise l’IEOM, troubles sociaux, retraits massifs de liquidités, départs en chaîne du territoire, arrêt des investissements, retrait d’un major du nickel, faillites d’entreprises en série, ne s’est matérialisé ». Cela n’empêche pas Alain Descombels de continuer à annoncer le pire, « nous ne pourrons arrêter l’hémorragie des faillites et des pertes d’emplois », assure-t-il en réclamant des mesures.

Des sous et une conférence économique et sociale
Pour éviter que « les Calédoniens descendent dans la rue pour demander des comptes aux élus », dixit Alain Descombels, il faut selon lui que le gouvernement organise sans plus tarder une conférence réunissant les banques, la CAFAT, les services fiscaux et les syndicats de salariés et de patrons, avec dit-il, mais sans trop s’étendre, « d’apporter des solutions concrètes ». Le RN propose ainsi de restructurer les dettes sociales et fiscales de toutes les entreprises sur une période de 3 à 5 ans, période pendant laquelle sans doute, on apprendra à la CAFAT à se passer de ressources. Au demeurant, Alain Descombels s’est fait griller la politesse par les entreprises elles-mêmes, et qui se gardent bien elles de toute récupération politique, puisque la CPME, représentant les petites et moyennes entreprises du territoire, a déjà réclamé la tenue d’une telle conférence pour « travailler au plus vite sur les mesures cruciales à mettre en œuvre en faveur d’un nouveau modèle de développement économique et social, plus durable et plus équitable, adapté au tissu économique réel de la Nouvelle-Calédonie ». Mais quelles mesures cruciales ? On sait que lors de la campagne des provinciales, le représentant du Rassemblement National proposait que l’Etat accorde à la Nouvelle-Calédonie un prêt rondelet de 200 milliards de francs CFP (soit 1,7 milliards d’euros) afin que le territoire puisse les dépenser gaiement durant la mandature. Bref, Alain Descombels est-il sérieux ? C’est bien toute la question…