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Auteur : Romain Grosjean

L’UNI dresse un bilan prometteur des provinciales, LNC 05.07.2019

L’Union nationale pour l’indépendance est passée de neuf à douze élus au Congrès. Cette progression rend optimiste les cadres de cette alliance de partis.

Louis Mapou entouré des deux membres UNI du gouvernement.
Satisfaits de leur progression, pas tendres avec l’Union calédonienne, optimistes dans la perspective du deuxième référendum : les responsables de l’UNI ont dressé hier le bilan des dernières élections provinciales et tracé les perspectives des mois à venir en n’oubliant pas de distribuer les bons et les mauvais points.

Bon point d’abord pour ce mouvement qui est passé de neuf à douze élus au Congrès. « Nous avons connu une nette progression et les 43/57 % du référendum sont bien ancrés » se réjouit Louis Mapou, chef du groupe au Congrès. « Si l’Eveil océanien avait persisté dans l’attitude qu’il a eue au Congrès, nous aurions obtenu la présidence du gouvernement, ce qui est une donne politique nouvelle et nous procure un espoir réel pour le deuxième référendum. » D’autant que les responsables de l’UNI ont bien noté que l’étude

menée par Sciences Po affirme qu’une majorité de Calédoniens n’écartent pas « un jour ou l’autre » la possibilité d’une indépendance. « Le camp des indécis est beaucoup plus important que nous le pensions. Beaucoup de gens ont quitté la rive loyaliste. Ils ne sont pas chez nous mais semblent être au milieu du gué. »

Autre point que relève Louis Mapou : « La droite est profondément divisée. Il s’est creusé un véritable fossé idéologique entre les deux grands courants et, pour la première fois au départ d’une mandature, ils n’ont pas réussi à trouver un accord pour former un gouvernement collégial. »

PLUS FERMES QU’AVANT

S’agissant de la politique que compte mettre en oeuvre Thierry Santa, l’UNI annonce sa réticence. « Il va devoir assumer son programme, nous serons très vigilants et peut-être plus fermes qu’avant au Congrès. »

Ce n’est pas pour autant l’amour tendre au sein de la famille indépendantiste. Louis Mapou a dit et répété que les membres de son groupe n’avaient aucune intention de se rallier à la candidature de Gilbert Tyuiénon à la viceprésidence du gouvernement. « Monsieur Tyuiénon a été au coeur de toutes les dissensions qui se sont produites ces derniers mois au sein du FLNKS. Il a cherché à s’allier avec Alcide Ponga pour prendre la présidence de la province Nord. » Enfin, l’UNI a affirmé son soutien aux autorités coutumières d’Ouvéa, dénoncé « les abus » de certains touristes, sans pour autant cautionner les violences qui ont été commises.

– Qui devrait faire quoi dans le gouvernement Santa, « Cafat / institutions » LNC 05.07.2019

Le gouvernement Santa doit entrer en plein exercice ce mardi. Les secteurs d’animation seront répartis entre les onze membres. En voici les grandes lignes. Thierry Santa devrait se charger lui-même des comptes sociaux et de la mine. C’est au cours de ce weekend que le gouvernement Santa est susceptible d’entrer pleinement en fonction. En pratique,…
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Qui devrait faire quoi dans le gouvernement Santa, « Cafat / institutions » LNC 05.07.2019

Le gouvernement Santa doit entrer en plein exercice ce mardi. Les secteurs d’animation seront répartis entre les onze membres. En voici les grandes lignes.

Thierry Santa devrait se charger lui-même des comptes sociaux et de la mine.
C’est au cours de ce weekend que le gouvernement Santa est susceptible d’entrer pleinement en fonction. En pratique, ça n’arrivera que mardi 9 juillet, lors de la séance de l’exécutif au cours de laquelle les différents secteurs d’activité doivent être attribués aux onze membres élus.

Initialement, Thierry Santa avait choisi de ne s’attribuer aucune prérogative autre que celles qui sont réglementairement dévolues au président ( sécurité civile, relations extérieures). Son but, se consacrer à faire circuler la parole et faire vivre la collégialité. Il devrait finalement prendre à sa charge un secteur brûlant, celui de la stratégie nickel, et un secteur dont personne n’a envie de s’encombrer actuellement, celui du redressement des comptes sociaux (Ruamm) et des relations avec les professionnels de santé.

Les autres membres de l’Avenir en confiance devraient hériter des principaux secteurs qui ont constitué les éléments forts de leur campagne électorale.

DEUX PORTE PAROLE

Christopher Gygès devrait s’occuper de la politique économique et fiscale et de l’économie numérique. Il devrait aussi endosser le rôle de porte-parole conjointement avec l’UC Didier Poidyaliwane.

Isabelle Champmoreau pourrait être en charge de l’enseignement supérieur, de la lutte contre les violences faites aux femmes, de la famille et du handicap. Yoann Lecourieux semble pressenti pour le budget, les finances, le suivi des questions monétaires, la francophonie et les relations avec les autres collectivités.

Le membre venu de l’Eveil océanien, Vaïmua Muliava, devrait obtenir le logement, l’urbanisme, les constructions publiques et la fonction publique.

À l’UC, Didier Poidyaliwane devrait se voir confier la culture, la citoyenneté et la protection judiciaire de l’enfance et de la jeunesse. Gilbert Tyuiénon devrait garder le transport, les infrastructures publiques et la mise en place du schéma NC 2025.

Jean-Louis d’Anglebermes pourrait récupérer l’emploi, l’insertion professionnelle et les relations avec le Conseil économique social et environnemental (Cese).

Philippe Germain de Calédonie ensemble doit se charger de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, de la communication audiovisuelle, de la recherche et du parc de la mer de Corail.

À l’UNI, Jean-Pierre Djaïwé doit s’occuper de la jeunesse et des sports, de la politique de l’eau et de la délinquance.

Quant à Valentine Eurisouké, elle devrait continuer à s’occuper de la santé, du plan Do Kamo.

Ces informations sont pour l’heure à prendre au conditionnel. Elles peuvent encore se modifier à la marge jusqu’à mardi.

« Le gouvernement sortant n’a pas réglé le problème des compétences », LNC 05.07.2019

Relation avec l’UC, situation financière de la province… Paul Néaoutyine évoque le contexte du début de mandat. Avant de s’envoler pour Paris, avec la SMSP, afin d’interpeller le patron de Glencore sur la montée en production de l’usine Koniambo Nickel.

« Depuis que je pratique la région et la province, il n’y a jamais eu d’opposition à cause de l’affichage politique, souligne Paul Néaoutyine. Quand on est dans la gestion des compétences locales, on travaille pour les gens. »
Les Nouvelles calédoniennes : Des candidats UNI et UC se sont souvent opposés vendredi dernier lors de la désignation des représentants de l’assemblée au sein de comités et d’organismes divers. La campagne et l’après-campagne des provinciales laissent-elles des traces ?

La chef de groupe UC-FLNKS avait pour mission de rencontrer les autres chefs de groupe pour la désignation de ces représentants, l’UC n’a pas donné de réponse. Le groupe Agissons pour le Nord nous a avertis pour la répartition, il y a eu des discussions sur ce qu’il demandait, on lui a donné de l’espace sans opposition. Les élus UC n’ont rien dit. Alors, des traces… Moi, je ne fais que constater. D’après la démarche dite partagée du FLNKS, même si on partait séparément dans le Nord et aux Îles aux provinciales, il était convenu que l’on se retrouve à l’issue des élections pour envisager la suite.

Or, ici, dans le Nord, dès le lundi, les élus UC ont pris contact avec Agissons pour le Nord pour la présidence, etc. Ils étaient déjà en relation, avant notre réunion. Ils n’ont pas appliqué le principe de la démarche partagée. Les collègues de la liste en ont tenu compte. En revanche, on leur a bien proposé d’exprimer leurs souhaits. Mais il n’y a pas eu de discussions. On était supposés se concerter, ce n’est pas le cas, y compris pour le gouvernement.

Les provinciales ont débouché sur la disparition de Calédonie ensemble de l’hémicycle à Koné et à la constitution d’un nouveau groupe loyaliste, Agissons pour le Nord. Est-ce, selon vous, la conséquence du référendum ?

En vue du référendum, les loyalistes ont fait campagne, non pas pour l’avenir de la Nouvelle-Calédonie, mais en prévision de savoir qui allait maîtriser le jeu aux provinciales. Au moment du 4 novembre 2018, ils ont dû dire un certain nombre de choses qu’ils ne peuvent pas confirmer à leurs électeurs, c’est-à-dire : « On va mettre un terme à l’accord de Nouméa » ,

« On reviendra sur le corps électoral » , etc. Ensuite, bagarre entre eux aux élections, ils ont fait de la surenchère. Résultat, ils ont perdu : Calédonie ensemble, mais pas seulement. Parmi les 20 élus de l’Avenir en confiance à la province Sud, il y a trois composantes (le Rassemblement-LR, les Républicains calédoniens et le MPC), alors qu’est-ce qui dit que l’Avenir en confiance va perdurer ? Les fois précédentes, ça n’a pas tenu longtemps. Il y a là moins de répartition des postes. Ils n’ont pas de majorité stable.

Pensez-vous qu’en province Nord, la problématique de la mandature sera essentiellement financière ?

Nous, on fera avec ce que l’on a. On a maîtrisé au maximum les dépenses, les interventions et autres, et on compte sur une reprise de l’économie, ou sur les moyens que l’on obtiendrait en compensation de la Nouvelle-Calédonie pour les compétences que l’on exerce pour elle. En clair, vu la conjoncture et la consommation de notre fonds de roulement, nous nous intéressons davantage à ce point : à ce que la Nouvelle-Calédonie nous donne la compensation pour ce qu’elle ne fait pas et que nous faisons pour elle. Ou qu’elle le reprenne elle-même. C’est tout de même un tiers de dépenses de la collectivité au niveau du budget d’exécution que, régulièrement, depuis vingt ans, nous dépensons pour des compétences de la Nouvelle-Calédonie. Quand on est au creux de la vague, on s’adresse à qui de droit.

Les discussions vont donc se poursuivre avec le nouveau gouvernement…

Le gouvernement sortant n’a pas réglé le problème. Je l’ai saisi, il y a deux ans, pour confirmer les compétences de la Nouvelle-Calédonie, mais cette étude-là n’a pas été faite.

La situation de la Sofinor, société consacrée au pôle mine et métallurgie, vous inquiètet-elle ?

Non, je pars en mission pour la SMSP, nous allons au contact d’Ivan Glasenberg (PDG de Glencore, groupe actionnaire de KNS à hauteur de 49 % et financeur à 98 %, NDLR) afin qu’il nous dise à quelle échéance les problèmes de montée en puissance seront réglés, quelle est la méthode pour atteindre la production nominale… En parallèle, on peut faire ce que la SPMSC a fait avec Vale (la société détenant la participation des trois provinces dans le capital de Vale NC a obtenu une réduction de sa dette, NDLR). Car plus on prolonge, plus la dette court. Y aura-til une compensation, car c’est de sa responsabilité. Autrement dit, donner les moyens à la SMSP et à la Sofinor de rembourser ce qu’elles doivent aussi bien à la province qu’aux banquiers. Cet équipement tournera-t-il au niveau attendu ? Nous l’interpellons en tant qu’actionnaire. J’ai toujours accompagné la SMSP dans ses négociations.

Peut-on vraiment parler de grands projets lors de la mandature ?

Moi, je ne fais pas de promesses, nous n’avons jamais fait de promesses. L’investissement qui est là, c’est nous qui avons été le chercher, ce ne sont pas les investisseurs qui viennent d’ailleurs. La province, en tant qu’acteur public, je l’ai dit, a moins de moyens. Dans l’agroalimentaire, la transformation locale, etc, les acteurs sont déjà là, on les aidera à développer ce qu’ils ont envie de développer. Je ne dis rien de plus, tant que l’économie n’est pas repartie… On soutient le nickel. Le tourisme est la filière déficitaire de Nord Avenir, on va trouver les moyens de résoudre le problème. La relance de la pêche dans le Nord est en cours. Nous allons faire tourner les choses qui existent déjà. Développer le tissu économique.

« Qu’est-ce qui dit que l’Avenir en confiance va perdurer ?

« Nous allons faire tourner les choses qui existent déjà. Développer le tissu économique. »

« Bonne chance à M. Santa »
Au moment où l’assemblée de la province Nord prenait son rythme de délibération vendredi dernier à Koné, le président du gouvernement était élu à Nouméa.

« Pendant des années, la présidence a toujours été assurée par les loyalistes » observait Paul Néaoutyine à l’issue de la séance.

« L’actuelle situation est tout de même le résultat de leur gestion. Lors de la dernière mandature, il a fallu l’intervention des indépendantistes pour faire fonctionner le gouvernement et les réformes. Alors bonne chance à M. Santa. Il lui appartient de trouver les solutions qui peuvent être apportées aux besoins de l’économie calédonienne comme des collectivités » .

Par ailleurs, pour Paul Néaoutyine, intervenant là en tant que président de la province Nord, la question de la vice-présidence du gouvernement revient aux intéressés.